Anonymes, certaines photographies le sont devenues au fil du temps

 
Actualités art contemporain

EXPOSITION : Cher Aby Warburg, que peut-on faire avec des images ?

A propos du matériau photographique



Dear Aby Warburg, what can be done with images ? est le titre d'une exposition actuellement en cours au Museum für Gegenwartskunst à Siegen (Allemagne). Elle montre le travail d'une vingtaine de plasticiens utilisant la reproduction photographique ou la photographie trouvée. Le titre de l'exposition rend évidemment hommage à l'historien Aby Warburg (1866-1929), père fondateur de l'iconologie avec notamment son atlas d'images "Mnemosyne", une incroyable réunion d'images diverses organisée par thèmes. L'atlas commencée en 1924 restera inachevée. Cette oeuvre demeure en partie mystérieuse mais suscite depuis quelques années un regain d'attention portée non sur une image ou un série d'images mais sur la dialectique entre les images : liens latents, cachés ou manifestes entre elles.
Les travaux des plasticiens maniant l'accumulation, la collection, l'archivage et la combinaison "photographie / peinture" résonnent donc avec cette recherche de sens.



oeuvre de Paula Roush
Paula Roush: “Found Photo Foundation/FPF”, 2007–2012 | http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/3.0/

Les artistes participants :
Özlem Altin, Tobias Buche, Mariana Castillo Deball, Marianna Christofides, Koenraad Dedobbeleer, Katalin Deér, Thea Djordjadze, Hervé Garcia, Cécile Hummel, Franziska Kabisch, Ulrike Kuschel, Alexandra Leykauf, Elke Marhöfer, Katrin Mayer, Lia Perjovschi, Manfred Pernice, Abigail Reynolds, Paula Roush, Ines Schaber and Stefan Pente, Eske Schlüters, Batia Suter, Simon Wachsmuth, and Haegue Yang.

Jusqu'au 3 mars 2013
Museum für Gegenwartskunst, Siegen.
Publication d'un catalogue.

 
Actualités

La photographie en cent chefs-d'oeuvre

A la BNF (Bibliothèque nationale de France)


"Choisies pour leur beauté, la perfection de leur tirage ou leur provenance, ces pièces, toutes d’auteurs différents, composent un parcours où les grands noms de la photographie des XIXe et XXe siècles côtoient des anonymes"
Une angle d'exposition risqué : choisir cent "chefs-d'oeuvre" - et non pas 50 ou 102 ou 185 - dans les collections photographique de la BNF. Un exercice sans doute très long et difficile a été mené. L'occasion de comprendre un peu mieux, non pas la notion de chef d'oeuvre, notion vague et peu opératoire sauf à vouloir attirer le grand public, mais ce qui participe justement au choix. Ainsi, à travers l'acceptation de la subjectivité d'un tel choix, c'est échanger notre regard avec celui de l'institution prescriptrice qui devient plus intéressant. Nous souhaiterions plutôt intituler cette exposition : La photographie en cent chefs-d'oeuvres ou comment une institution regarde la photographie et nous la rend visible. S'intéresser à la photographie anonyme, c'est inlassablement questionner les critères du goût et de la norme.

Man Ray

La photographie en 100 chefs-d'oeuvre
Bibliothèque nationale de France
Site François Miterrand
Jusqu'au 17 février 2013.
 
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Exposition : Anonymous photos in Reflection (1er décembre 2012-12 janvier 2013)

 

La galerie Ambach & Riche (Los Angeles) propose à partir du 1er décembre une intéressante exposition mettant en regard des photographies dites anonymes provenant de la collection de Robert E. Jackson et des photographies d’artistes contemporains. Je ne sais pas encore si un catalogue ou un ouvrage sera publié, mais la confrontation de l'anonyme avec l'"artistique" est une des problématiques les plus intéressantes que suscite la photographie anonyme.

La listes des photographes retenus :

Alvin Baltrop, Thomas Barrow, Erica Baum, Walead Beshty, Doug Biggert, Gil Blank, Jennifer Bolande, Anne Collier, Philip-Lorca diCorcia, John Divola, Trisha Donnelly, Stan Douglas, Shannon Ebner, Walker Evans, Ryan Foerster, Jason Fulford, Noriko Furunishi, Teenie Harris, Robert Heinecken, Isaac Layman, Judy Linn, Vivian Maier, Florian Maier Aichen, Aspen Mays, John Miller, John Neff, Catherine Opie, Torbjørn Rødland, Will Rogan, Sam Samore, Stephen Shore, Edmund Teske, Wolfgang Tillmans, Josh Tonsfeldt, and James Welling.

 

Ambach & Rice, Los Angeles ; A partir du 1er décembre, jusqu'au 12 janvier 2013

.photographie anonyme et photographie artistique

 
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Sandy : les photos trouvées


Eh oui, plusieurs grands medias américains (CBS News, New York Times : ici et ) mettent en avant depuis quelques jours les "found photos" collectées après le passage du cyclone Sandy sur la région de New York, il y a deux semaines. Cette actualité atteste de l'importance culturelle prise par les traces photographiques devenues anonymes. Un autre regard se met en place, un autre type de photographies - altérées - est conservé comme témoignage et preuve. Les photographies trouvées par terre (et non pas dans un vide-grenier ou chez un marchand) deviennent bien une catégorie spécifique de la photographie anonyme lorsqu'elles sont ramassées dans la rue (voir le livre récent sur la ville de Detroit) ou parfois obtenues après un désastre, par exemple Fukushima. Ce type de photographies a été à l'origine d'un "oeuvre" du photoreporter Tom Stoddart à partir de photographies ramassées sur les routes du Kosovo en 1999 lors de l'exode de 1,5 millions d'Albanais.

après le cyclone Sandy
 
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Vient de paraître : Anon. (photographies anonymes) + EXPOSITION

Dans la collection PHOTO POCHE – Delpire / Actes Sud

Introduction d’Anne-Marie Garat avec 108 photographies en noir et blanc reproduites.

 

couverture du photo poche consacré à la photographie anonyme

 

Extrait du communiqué de presse :

« La photographie anonyme se définit, au sens strict, comme une photographie dont on ne peut identifier ni l'auteur, ni le sujet (scènes de la vie quotidiennes, événements familiaux...). L’anonymat, d’un côté ou l’autre de l’objectif (ou la plupart du temps, les deux à la fois) renforce l'intensité du cliché et ouvre le champ à l’innocence du regard. Taché, jauni, déchiré, mal cadré, il a traversé le temps pour nous raconter les moeurs, les jeux, les amours d'une société dont il est la trace ultime. »

 

A cette occasion

 

Exposition Anon. du 8 novembre au 29 décembre à la Galerie Fait & Cause

58 rue Quincampoix - 75004 Paris - Tél. : 01 42 74 26 36

 

 

exposition ANON

 

Des photographies anonymes...

Organisée dans le cadre du Mois de la photo à Paris

Exposition conçue et réalisée par Robert Delpire


et extrait du texte d'Anne-Marie Garat :

"ANON.
L’anonymat en photographie scelle le statut d’une pratique passée à l’usage courant, si bien banalisée que l’autorat est l’exemption à la règle. En réalité, même issue d’un dispositif automatique, toute image requiert un opérateur mais, loin de revendiquer le titre d’auteur, celui-ci s’abîme dans l’innombrable foule des praticiens sans nom, indignes d’émerger à la connaissance publique, tout simplement étrangers à l’idée de se distinguer par cette production machinale, impersonnelle, sans marque distinctive, essentiellement liée au loisir. Or la photo d’anonymes couvre un champ infini, duquel l’œuvre, voire le chef-d’œuvre ne sont pas absents, obscures photos perdues dans l’insignifiance du nombre, en attente d’un regard qui les découvre.

C’est que, une fois l’invention “donnée au monde” par Arago, l’appareil photo, très vite au regard d’autres innovations techniques de l’ère industrielle, étend son empire à toute une société, équipe l’amateur curieux, avide de s’exercer. D’abord encombrant, rétif, onéreux ? pour ce, privilège d’une minorité ? une fois simplifié, maniable, une fois allégés son poids et son coût, le boîtier devient un objet usuel autorisant tout un et n’importe qui à devenir un faiseur d’images autonome. Phénomène sans précédent dans l’histoire des représentations, il permet, par simple pulsion digitale, d’accéder au champ infini de l’exploration optique, sans que soit requis un savoir ou un savoir faire préalables. En résulte le prodigieux succès populaire de la photo ; qui va de pair avec sa déconsidération comme pratique de masse. A la noblesse artistique et professionnelle, ratifiée par l’institution et par le marché, à s
a rareté, à son prix, s’oppose la pléthore des photos ordinaires réputées satisfaire la consommation immédiate de ses usagers, peu regardants quant au résultat.

Pourtant, la “pratique d’amateur” englobe une réalité composite, d’une extraordinaire diversité, allant de l’opérateur familial au semi professionnel, du praticien par accident au fervent adhérent du photo-club, au reporter d’occasion, au savant curieux d’archiver son étude, au soldat des tranchées, au badaud rêveur, au peintre soucieux de fixer une intuition visuelle… Elle comprend la foule des particuliers, sédentaires ou voyageurs, multipliée par la société du loisir, le modeste artisan de quartier ou de plage, l’opérateur ambulant des campagnes, le photographe des écoles ou aux armées négligeant d’apposer sa raison sociale ; le fabricant de cartes postales – support épistolaire – de toute une société, genre innombrable et prospère, qui a industrialisé le pittoresque bon marché, et instruit l’archive du paysage rural et urbain…
Travaux de commande ou initiatives isolées, épreuves égarées par d’illustres artistes, ou distraites à leurs propriétaires, et que dire du photomaton, photo sans photographe par excellence… Ces images, devenues orphelines de leur auteur ou de leur commanditaire, sont dispersées de par le monde, stockées dans des magasins d’archives, des dépôts d’agences, d’entreprises ou d’administrations, des bibliothèques, réunies en albums ou versées au vrac des tiroirs, livrées aux marchands de vieux papiers, quand elles ne tombent pas au rebut des trottoirs… Déferlante inouïe, gigantesque corpus qui, condamné à son anonymat radical, échappe à tout inventaire, résiste à la connaissance, aux catégories et au classement."